Portes ouvertes de l’habitat participatif – 13 septembre 2025

Samedi 13 septembre 2025

Pour les JPO, Journées Portes Ouvertes, des visites guidées sont organisées aux 4 Vents et Abricoop.

Départs des visites à 17h30 et 18h30
Accueil aux 4 Vents, 12 rue Thomas Dupuy  de 17h à 19h (au portillon ou en entrant par la ressourcerie CartouCirc)
Accueil au Jardin du Barry s’anime de 16h à 19H

Partout, prendre soin des liens au quotidien

Pendant tout le mois de septembre 2025, les collectifs d’habitant·es en habitat participatif ouvriront leurs portes partout en France, à l’occasion de la 12e édition des Journées Portes Ouvertes de l’Habitat Participatif (JPO), coordonnée par Habitat Participatif France. Chaque année, ce sont près de 200 groupes qui organisent un évènement qui leur ressemble, pour faire découvrir leur habitat au grand public : projections, visites, débats, chantiers participatifs, etc.
À ce jour, on répertorie en France 1 240 projets d’habitats participatifs, dont 520 actuellement aboutis et habités.
L’habitat participatif combine logements particuliers et espaces communs partagés et autogérés par ses habitant·es. Parce qu’il dépasse le cadre du logement individuel et du foyer, l’habitat participatif est une manière d’habiter qui favorise les liens de confiance et de solidarité : il permet pour certains et certaines de rompre l’isolement (personnes âgées, personnes seules, familles monoparentales, etc.), mais aussi de faire famille autrement (s’ouvrir au collectif, avoir différents référents adultes pour les enfants, accompagner la parentalité, le vieillissement, etc.) et de réhabiliter les interdépendances entre les personnes.

Prendre soin des liens au quotidien au cœur de cette édition des Journées Portes Ouvertes de l’habitat participatif

Prendre soin des liens au quotidien” au cœur de cette 12e édition des JPO
Conçu en groupe et partagé au quotidien, l’habitat participatif est par définition porteur de liens, de réciprocité et d’interdépendance joyeuses. Face aux fractures et aux crises sociales qui s’intensifient, les collectifs d’habitant·es inventent au quotidien des alternatives concrètes au sein de leurs habitats, fondées sur des dynamiques d’entraide et de mutualisation. Le soin s’y incarne dans les liens de voisinage, la vie du collectif, la gestion des communs, les choix partagés et le faire ensemble.

Pour Michèle Cauletin, co-présidente d’Habitat Participatif France,

“Prendre soin des liens, c’est nourrir le tissu relationnel essentiel à la vie. C’est une boussole orientant la vie et les pratiques au sein des habitats participatifs. C’est aussi savoir que les aléas de la vie et nos vulnérabilités pourront être plus
facilement accueillis. C’est être plus robustes et enrichis par nos différences, mais aussi par la sécurité qui se construit dans l’expérience des solidarités du quotidien et dans l’appui trouvé lors de crises individuelles ou collectives.”

Prendre soin des liens, c’est aussi savoir « faire groupe » et décider ensemble. La gouvernance partagée, les décisions par consentement, l’élection sans candidat ou encore les processus de résolution de conflits, sont autant
d’outils pour renforcer la coopération et la confiance qui se tissent au quotidien au sein des collectifs.

Dr Suzanne Noël et Abricoop

Nous avons la chance que notre coopérative soit située rue du Docteur Suzanne Noël à la Cartoucherie, Toulouse.

En octobre 2022, nous avions eu l’honneur d’accueillir François Denoncin, petit filleul de Suzanne née Gros, épouse Pertat, puis Noël. 

Cette femme, chirurgienne et féministe a eu un parcours extraordinaire. Elle est née en 1878, morte en 1954.  Ce fut une pionnière en médecine au début du 20ème siècle. Elle a notamment contribué à développer les techniques de chirurgie esthétique qu’elle a considérées pour leurs fonctions sociales. Elle souhaitait permettre l’insertion sociale, l’accès au travail à celles et ceux que l’apparence excluait : les gueules cassées, les pauvres au visage marqué par l’âge. 

Déterminée, elle a étudié à Alger en 1904-1905 pour pouvoir passer le certificat d’études en sciences physiques, chimiques et naturelles, préalable à l’entrée en faculté médecine, et que le patriarcat de la France métropolitaine lui refusait. 

Résiliante, elle a affronté de nombreux drames : la perte de son premier mari lors d’un accident, de sa fille à l’âge de 13 ans, de son second mari qui s’est suicidé en sa présence. 

Tout au long de sa carrière et de sa vie, elle a porté des valeurs féministes (en tant que membre du Soroptimist France) et sociales. C’était une vision radicalement moderne de la médecine et du couple.  

Elle avait même lancé une grève de l’impôt en 1921 pour le droit de vote des femmes. 

Voici quelques ressources permettant de découvrir cette femme incroyable…

Suzanne Noël (1878-1954), chirurgienne esthétique et sociale – France Culture – Dimanche 8 juin 2025

Bande dessinée de Leïla Slimani et Clément Oubrerie – A main nues 

Découvrez Suzanne Noël, chirurgienne renommée et militante, avec ces deux tomes de bande dessinée aux éditions Arènes. 

Bande dessinée de Batiste Massa : L’incroyable destin de Suzanne Noël, chirurgienne de la Grande Guerre

https://www.bayard-editions.com/livres/72623-lincroyable-destin-de-suzanne-noel-chirurgienne-de-la-grande-guerre

Histoire des équitables pionniers de Rochdale

« Ce que nos ancêtres espéraient voir apparaitre, c'était le premier symptôme de l'émancipation matérielle du pauvre par le pauvre lui-même. »

Cet extrait de la conclusion de l’ouvrage dit l’ambition des fondateurs de la coopération. En 1844, au cœur d’une cité ouvrière de la périphérie de Manchester, quelques pionniers décident de reprendre leurs vies en main, ensemble et pour tous. Si la coopération avait connu jusque-là quelques préfigurateurs, ils n’avaient pas su trouver les moyens de dépasser le cadre de la sympathique petite alternative locale.

Mais les Equitables Pionniers ont su viser plus haut, en inventant une autre économie privilégiant non seulement la sortie de la misère, mais aussi l’éducation populaire, l’épargne, la sobriété (déjà !), la démocratie y compris pour les femmes, l’essaimage… le tout grâce à la croissance permanente des moyens financiers destinés à servir ces nobles causes. L’achat ou l’édification de logements décents pour les ouvriers tisserands et leurs familles figurait parmi les premiers objectifs de la coopérative de consommation créée initialement pour échapper aux griffes du commerce conventionnel.

Il ne s’agit clairement ni de communisme (Marx commence à peine à écrire) ni de libéralisme, la coopération montre ici toute sa puissance de tierce voie.

Ouvrage consultable ici : http://www.editionsducommun.org/histoire-des-equitables-pionniers-de-rochdale-george-jacob-holyoake/ et très agréable à lire !

 

Histoire des équitables pionniers de Rochdale

Habiter autrement – France 5

HABITER AUTREMENT

Réalisé par : Sam Caro Diffusion : 23 juillet / France 5 / 52′

Comme le prouvent chaque jour de nombreux Français qui travaillent, habitent et consomment autrement, un autre monde est possible.

Mascobado et Abricoop y sont à l’honneur !

Ces diverses initiatives dessinent une France pleine d’allant, rayonnante et optimiste. Antoine Leiris, auteur de Vous n’aurez pas haine et du documentaire éponyme diffusé en 2016, présente des initiatives locales exemplaires qui vont dans le sens du bien commun et de l’intérêt collectif.

Il part à la rencontre de personnes qui ont décidé d’habiter autrement dans différentes villes de France. Ils ont choisi de construire ensemble (habitat communautaire, coopératives…), opté pour la vie dans une yourte ou ont bati leur propre maison. LEs chemins pour « habiter autrement » sont parfois longs et difficiles mais ces expériences humaines sont toujours riches et pleines d’espoir.

Voir la vidéo en ligne :  https://vimeo.com/267553447/9ec80e535d

La Dépêche : Habitat participatif : le pari gagné d’Abricoop

En lire plus sur le site de la Dépêche 

Habitat participatif : le pari gagné d'Abricoop
Habitat participatif : le pari gagné d’Abricoop

Le premier immeuble d’habitat coopératif de Midi-Pyrénées sort de terre dans l’écoquartier de La Cartoucherie à Toulouse. Rencontre avec ses futurs résidents du «troisième type», ni locataires, ni propriétaires.

L’aventure immobilière et sociale d’Abricoop a débuté en 2008, sous la forme d’une association «La Jeune Pousse» et sur la foi de citoyens déjà branchés sur courant «alternatif» (réseau AMAP etc.). D’emblée, le projet se situe au-delà d’un simple habitat participatif et prend la forme d’une coopérative d’habitants. «Nous étions locataires par défaut et pas prêts à devenir propriétaires pour autant, explique Thomas, l’un des pionniers du projet avec son épouse Véronique. L’habitat coopératif est un bon compromis entre logement individuel et vie en communauté : l’intimité de chaque ménage est respectée mais il y a aussi des espaces communs pour le partage.» Reste à mener un combat de longue haleine : au plan local, avec la recherche d’un foncier et la rédaction de statuts, et au plan national, avec d’autres structures, pour plaider la cause de l’habitat coopératif auprès de l’Etat. Et sur ces deux fronts, les «mobilisés» toulousains vont avoir gain de cause. En 2013, Toulouse Métropole leur donne son feu vert pour s’implanter dans un îlot dédié à l’habitat participatif dans la ZAC de La Cartoucherie. Puis, en 2014, la loi ALUR consacre le statut de coopérative d’habitants en France. En l’espace de huit ans, certains ont quitté le navire, d’autres l’ont rejoint. Comme Michèle, âgée 63 ans et informaticienne retraitée : «Pour moi, c’est un moyen de ne pas vieillir trop vite» !

Un projet intergénérationnel et solidaire

Quatre ateliers ont été mis en place : juridique et financier, technique, projet de vie et communication. Ecouter, réfléchir, débattre… Pour rester en forme intellectuellement, c’est l’idéal !» Propriétaire d’une maison en périphérie de la Ville rose, elle va la mettre en vente pour participer au capital de la société coopérative (lire ci-contre). Même chose pour Jean, 79 ans, le doyen d’Abricoop. Ex-ingénieur auprès du ministère de l’Agriculture, il va partager les fruits de la vente de son appartement toulousain entre ses trois enfants et un projet qu’il juge «très stimulant» : «Deux choses me motivent : nouer de vraies relations avec mes futurs voisins et prouver que l’argent n’est pas roi en allant au-delà du duo propriétaire-locataire.» Parmi les 21 futurs voisins, les profils sont variés : du chômeur au retraité en passant par le cadre…

«Ne pas m’endetter individuellement, c’est m’éviter d’avoir un boulet à la cheville, témoigne une coopératrice de 44 ans. Je touche environ 1 200 € de salaire et, depuis que j’ai rejoint le projet Abricoop, il y a eu deux plans sociaux au sein de mon entreprise… Donc prendre un crédit de 30 ans pour acheter, non merci !»

Chaque mois, des réunions de groupe permettent d’aborder les aspects financiers du projet et bien d’autres : du choix des matériaux de construction à l’usage des salles communes (buanderie, chambres d’amis…).

Au sein d’Abricoop, tout le monde a son mot à dire. Et chaque voix compte : indépendamment de la part sociale acquise ou de la taille de son logement. ¦

Les coopératives d’habitants c’est…le choix des matériaux

Les membres d’une coopérative d’habitants en tant que maître d’ouvrage conçoivent leur projet immobilier et peuvent ainsi décider des matériaux utilisés. Nous vous proposons des retours d’expériences de deux projets sur cette thématique.
Retour d’expérience 2/2 – Abricoop à Toulouse

C’est à Toulouse que la coopérative d’habitants Abricoop est née. L’association « La Jeune Pousse » avait candidaté pour obtenir un terrain dans l’écoquartier de la Cartoucherie fin 2013. Un an après, la coopérative est créée.

Dès le commencement de cette aventure collective, les membres d’Abricoop ont fixé plusieurs exigences en termes d’économies d’énergie. En accord avec le maître d’œuvre, le bailleur et la mairie, le groupe souhaite faire de l’éco-construction une des valeurs fondamentales de leur projet. Le groupe a mis en place des actions pour compléter leur savoir, notamment un atelier technique.
Les membres du groupe avaient la volonté de construire le bâtiment avec des matériaux biosourcés, mais ils ont été « rattrapés par la réalité ». A Toulouse, les contraintes incendie sont très strictes, empêchant l’utilisation de nombreux matériaux biosourcés. Pour faire du logement écologique à même prix que le logement social classique, il a fallu faire des concessions. S’ajoute donc la contrainte budgétaire : construire une ossature en bois coûte plus cher qu’une ossature en béton, les membres sont donc partis sur une structure porteuse en béton. Au début, il était question d’utiliser comme isolant de la fibre de bois, mais en raison du coût, le groupe a opté pour la laine de verre.

Ces concessions n’empêchent pas la réussite du projet sur plusieurs points plus positifs : les « murs pignons », les façades Nord et Sud et une partie du bardage sont toutes en structure bois. Du « marmoleum » (revêtement sain à base de caoutchouc naturel) a été choisi pour le sol. Une moitié de la toiture est végétalisée pour faciliter l’écoulement des eaux de pluie et adapter la consommation d’énergie à la saison (c’est-à-dire apporter de la fraîcheur en été), l’autre moitié est accessible.

Dès le début, il y a eu une volonté commune de travailler avec les architectes sur le programme . Pour que le bâtiment réponde aux critères écologiques, deux points ont été particulièrement travaillés : l’isolation et l’inertie thermique.
  • Abricoop a participé au concours de l’ADEME en 2014 dans le cadre de l’appel à projets « Bâtiments économes de qualité environnementale en Midi-Pyrénées » et a fini 2e. Suite à cela, Abricoop a obtenu la certification « Habitat et environnement » et s’inscrit dans la course au label « Très haute performance énergétique ». Abricoop paye pour bénéficier de cette certification. Le « chantier propre » est contrôlé pour que soit respecté le recyclage des matériaux inutilisés. Cette reconnaissance écologique est justifiée : malgré les contraintes, Abricoop se situe 20 % au-dessus de la norme actuelle d’isolation thermique.
  • L’inertie des murs en bétons rajoute de la masse à l’immeuble et permet de « différer le changement de température ». Le jour, la fraîcheur accumulée durant la nuit se conserve, et inversement, la chaleur produite le jour permet de chauffer les pièces pendant la nuit. Cela limite les pertes d’énergie, en cela le bâtiment est « passif ».L’orientation des façades a également été pensée dans cet objectif.

L’emploi de matériaux écologiques a amélioré d’autres domaines : l’acoustique (un aéroport survole la zone, d’où l’accent mis plutôt sur l’épaisseur des dalles, des murs… que les matériaux eux-mêmes), la consommation d’énergie, et la pédagogie (apprendre le bon usage du logement).

En fin de compte, la réflexion approfondie sur le choix des matériaux de construction reflète le souci de concertation de la coopérative avec les différents acteurs. La coopérative d’habitants entretient des rapports directs avec la mairie, la maîtrise d’œuvre, et le bailleur. Cependant, les familles qui habiteront dans ce bâtiment restent actrices du projet. Elles définissent elles-mêmes quels sont les matériaux qu’elles souhaitent mettre en œuvre pour réaliser leur immeuble, et avisent en fonction des contraintes.

Extrait de la Newsletter d’Habicoop